Le conseiller France Travail, anciennement connu sous l’appellation Pôle emploi, joue un rôle déterminant dans l’écosystème professionnel français. Véritable pivot entre les chercheurs d’emploi et les entreprises, ce professionnel combine expertise du marché du travail et posture de coach pour faciliter les transitions de carrière. Son intervention s’inscrit dans une démarche globale d’insertion professionnelle, où chaque parcours est considéré dans sa singularité. La transformation de Pôle emploi en France Travail depuis janvier 2024 a renforcé les missions d’accompagnement et élargi les dispositifs disponibles pour les demandeurs d’emploi.
Les missions stratégiques du conseiller France Travail auprès des demandeurs d’emploi
L’accompagnement vers le retour à l’emploi constitue la colonne vertébrale du métier de conseiller France Travail. Ce professionnel agit comme un facilitateur de parcours, en mobilisant une connaissance approfondie du marché du travail local et des dispositifs disponibles. Dès l’inscription du demandeur d’emploi, le conseiller établit un diagnostic complet de la situation : compétences, expériences, projet professionnel, mais aussi contraintes personnelles et freins éventuels.
La construction du Projet Personnalisé d’Accès à l’Emploi (PPAE) représente l’étape fondamentale de cette relation d’accompagnement. Ce document contractuel définit les objectifs, les actions à mener et les engagements réciproques. Le conseiller adapte son approche selon le profil : un jeune diplômé sans expérience ne recevra pas le même accompagnement qu’un senior en reconversion ou qu’une personne éloignée de l’emploi depuis plusieurs années. Cette personnalisation s’appuie sur quatre modalités d’accompagnement distinctes.
L’accompagnement renforcé cible les personnes confrontées à des difficultés majeures : longue période d’inactivité, faible qualification, cumul de freins sociaux. Ces situations nécessitent des rendez-vous physiques fréquents, parfois hebdomadaires, où le conseiller agit comme un véritable coach emploi. Il construit avec le demandeur d’emploi un plan d’action progressif, valorise chaque avancée et maintient la motivation même face aux refus. Cette posture de soutien motivationnel s’avère cruciale pour éviter le découragement.
Le conseiller en insertion professionnelle propose également un accompagnement guidé pour les demandeurs d’emploi qui possèdent une certaine autonomie mais nécessitent un suivi régulier. Les échanges alternent entre entretiens physiques et contacts dématérialisés. Le professionnel oriente vers les offres pertinentes, conseille sur les candidatures et prépare aux entretiens d’embauche. Cette modalité intermédiaire permet de maintenir le lien sans surcharger l’agenda du conseiller.
Pour les chercheurs d’emploi autonomes, le suivi et appui à la recherche d’emploi privilégie les interactions numériques. Le conseiller reste disponible pour valider les stratégies, répondre aux questions spécifiques et débloquer certaines situations. Cette approche libère du temps pour se concentrer sur les publics les plus fragiles. Enfin, l’accompagnement global mobilise des partenaires de l’action sociale pour traiter des problématiques dépassant le cadre strictement professionnel : logement, santé, garde d’enfants, mobilité.

La gestion des parcours entrepreneurs et des projets de création d’entreprise
Au-delà de l’orientation vers l’emploi salarié, le conseiller France Travail accompagne également les porteurs de projets entrepreneuriaux. Cette dimension du métier prend une importance croissante dans un contexte où la création d’entreprise représente une voie d’insertion professionnelle à part entière. Le conseiller évalue la maturité du projet, oriente vers les formations spécifiques et informe sur les aides financières disponibles : maintien des allocations chômage ou versement de l’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise).
Cette orientation nécessite une expertise particulière pour distinguer les projets viables des initiatives trop fragiles. Le conseiller s’appuie sur un réseau de partenaires : chambres consulaires, incubateurs, associations d’accompagnement. Il facilite l’accès à un portail dédié et propose des ateliers thématiques sur la création d’entreprise. Cette mission illustre la polyvalence requise par le métier, entre coaching individuel et coordination de ressources externes.
L’interface essentielle entre entreprises et bassin d’emploi local
Le conseiller France Travail ne travaille pas uniquement avec les demandeurs d’emploi. Son action auprès des entreprises constitue l’autre versant de sa mission, souvent méconnu du grand public. Chaque année, les conseillers réalisent plus de 240 000 visites d’établissements, ce qui leur confère une connaissance fine des besoins du tissu économique local. Cette expertise terrain permet d’ajuster les accompagnements et d’anticiper les opportunités d’emploi.
Cette relation avec les employeurs repose sur plusieurs leviers. Le conseiller réalise des analyses de postes pour comprendre les compétences réellement attendues au-delà des intitulés formels. Il aide à la rédaction d’offres d’emploi attractives et réalistes, conseille sur les canaux de diffusion pertinents. Pour les entreprises de petite taille ou évoluant sur des métiers de niche, il propose une présélection de candidats, ce qui représente un gain de temps considérable.
Le conseiller peut également organiser des sessions de recrutement collectives lorsqu’une entreprise cherche à embaucher plusieurs profils similaires. Ces événements permettent aux demandeurs d’emploi de rencontrer directement les recruteurs dans un format moins formel que l’entretien traditionnel. Le conseiller prépare en amont les participants, les coache sur leur présentation et facilite les mises en relation. Cette approche proactive réduit les délais de recrutement et améliore la qualité des appariements.
Face aux tensions de recrutement persistantes dans certains secteurs, le conseiller joue un rôle de médiateur en proposant des solutions alternatives : formation préalable au recrutement, contrats en alternance, adaptation des critères d’exigence. Il sensibilise les employeurs sur la mixité professionnelle et les encourage à élargir leurs critères de sélection. Cette dimension de conseil auprès des entreprises transforme le conseiller en véritable acteur du développement économique territorial.
| Type d’accompagnement | Profil ciblé | Fréquence des contacts | Modalités privilégiées |
|---|---|---|---|
| Accompagnement renforcé | Personnes très éloignées de l’emploi | Hebdomadaire à bimensuel | Entretiens physiques systématiques |
| Accompagnement guidé | Demandeurs nécessitant un suivi régulier | Mensuel | Mixte : physique et numérique |
| Suivi et appui | Chercheurs d’emploi autonomes | Trimestriel | Majoritairement dématérialisé |
| Accompagnement global | Personnes cumulant freins sociaux | Adapté selon besoins | Coordination avec partenaires sociaux |
Le parcours professionnel pour devenir conseiller France Travail
Contrairement à une idée reçue, le métier de conseiller France Travail n’est plus accessible par concours depuis la fusion entre l’ANPE et les ASSEDIC. Le recrutement s’effectue désormais sur candidature classique, ce qui ouvre le poste à des profils diversifiés. Les exigences minimales requièrent un diplôme de niveau Bac +2, qu’il s’agisse d’un BTS, d’un DUT ou d’un DEUG. Aucune filière spécifique n’est privilégiée, bien que les formations en sciences humaines, économie ou gestion facilitent l’appréhension des enjeux.
Une fois recruté, le conseiller bénéficie d’une formation interne complète qui couvre les dimensions techniques et relationnelles du métier. Cette formation initiale aborde la législation sociale, les dispositifs d’aide à l’emploi, les techniques d’entretien et l’usage des outils numériques de gestion. Elle intègre également une préparation psychologique aux situations difficiles : agressivité de certains usagers, confrontation à la précarité, gestion du stress émotionnel.
La montée en compétences s’étale généralement sur deux années complètes avant que le conseiller ne maîtrise l’ensemble des situations qu’il peut rencontrer. Cette période d’apprentissage nécessite persévérance et capacité d’adaptation. Le conseiller doit assimiler une masse considérable d’informations tout en développant son aisance relationnelle. Le tutorat par un conseiller expérimenté facilite cette transition, en permettant d’observer les bonnes pratiques avant de gagner en autonomie.
Les évolutions professionnelles au sein de France Travail permettent de diversifier les missions : spécialisation en formation RH, animation d’ateliers collectifs, référent sur un secteur professionnel particulier, responsabilité d’équipe. Certains conseillers développent également une expertise sur l’entrepreneuriat ou sur l’accompagnement des publics spécifiques (travailleurs handicapés, seniors, jeunes sans qualification).
Les qualités humaines indispensables pour exercer ce métier
Au-delà des compétences techniques, le métier de conseiller France Travail repose sur des qualités humaines essentielles. Le sens du relationnel arrive en tête des aptitudes recherchées. Chaque jour, le conseiller rencontre des personnes traversant des moments difficiles, parfois déstabilisantes. Il doit savoir créer un climat de confiance, se montrer accessible sans tomber dans la familiarité excessive, et maintenir une posture professionnelle bienveillante.
L’écoute active constitue une compétence centrale pour comprendre les besoins réels au-delà des demandes formulées. Un demandeur d’emploi exprime parfois une demande de formation alors que son véritable besoin concerne la confiance en soi ou la mobilité géographique. Le conseiller doit décrypter ces signaux, poser les bonnes questions et reformuler pour s’assurer de la compréhension mutuelle. Cette capacité d’analyse rapide améliore la pertinence des solutions proposées.
La capacité d’adaptation s’avère indispensable face à la diversité des profils rencontrés. Un entretien avec un cadre supérieur en reconversion ne se mène pas comme un accompagnement d’une personne en situation d’illettrisme. Le conseiller ajuste son vocabulaire, son rythme, ses références culturelles. Il sait également adapter son approche selon l’état émotionnel de son interlocuteur : certains jours nécessitent plus d’empathie, d’autres plus de fermeté constructive.
L’organisation et la rigueur permettent de gérer un portefeuille conséquent de dossiers tout en respectant les obligations administratives. Le conseiller doit planifier ses rendez-vous, assurer le suivi des actions engagées, mettre à jour les dossiers et préparer ses entretiens. Cette dimension gestionnaire du métier nécessite méthode et efficacité. Enfin, la résistance au stress et la capacité à ne pas se laisser envahir émotionnellement protègent contre l’épuisement professionnel. Le conseiller voit défiler de nombreuses situations de détresse sans pouvoir systématiquement apporter la solution idéale.
- Développer une posture d’écoute authentique en mettant de côté ses jugements personnels pour comprendre le parcours de chacun
- Maîtriser les techniques d’entretien motivationnel pour aider les personnes découragées à retrouver confiance et projection professionnelle
- Cultiver sa connaissance du tissu économique local en visitant régulièrement les entreprises et en suivant l’actualité sectorielle
- Savoir mobiliser le réseau de partenaires pour apporter des réponses globales aux situations complexes dépassant le cadre strict de l’emploi
- Maintenir un équilibre personnel pour éviter l’épuisement émotionnel face aux situations de précarité rencontrées quotidiennement
La rémunération et les avantages du métier de conseiller France Travail
La question salariale constitue un élément important dans le choix de s’orienter vers ce métier. Un conseiller France Travail débutant perçoit un salaire de base compris entre 1 473 et 1 641 euros bruts mensuels, selon son expérience professionnelle antérieure. Cette fourchette peut sembler modeste comparée à d’autres professions de niveau Bac +2, mais elle doit être analysée dans une perspective plus globale incluant les primes et avantages.
La particularité du système de rémunération réside dans le versement sur 14,5 mois au lieu de 12. Cette répartition représente un surplus de 20 % par rapport à un salaire classique annualisé sur douze mois. Concrètement, un conseiller touchant 1 500 euros bruts mensuels perçoit en réalité l’équivalent de 1 812 euros mensualisés sur l’année. Cette structure financière offre également des rentrées d’argent supplémentaires à des périodes stratégiques.
Le système de primes variables vient compléter significativement la rémunération de base. La prime d’intéressement, la participation et la part variable sur objectifs individuels peuvent représenter jusqu’à 150 % du salaire mensuel de base, soit environ 3 000 euros annuels pour un débutant. Ces primes récompensent l’atteinte d’objectifs quantitatifs (nombre de retours à l’emploi, taux d’actualisation) et qualitatifs (satisfaction usagers, respect des procédures). Cette dimension incitative stimule l’engagement professionnel tout en reconnaissant la performance.
Avec l’ancienneté, la rémunération progresse pour atteindre environ 2 000 euros bruts mensuels après quelques années d’exercice. Les possibilités d’évolution vers des postes de responsabilité ou de spécialisation permettent d’accéder à des grilles salariales supérieures. La possibilité d’effectuer des heures supplémentaires rémunérées offre également un levier d’augmentation des revenus pour ceux qui le souhaitent.
| Élément de rémunération | Montant/Détail | Fréquence |
|---|---|---|
| Salaire de base débutant | 1 473 à 1 641 € bruts/mois | 14,5 versements annuels |
| Salaire après expérience | Jusqu’à 2 000 € bruts/mois | 14,5 versements annuels |
| Prime d’intéressement + participation | Variable selon résultats | Annuelle |
| Prime sur objectifs individuels | Jusqu’à 3 000 € bruts/an débutant | Annuelle |
| Tickets restaurant | 9 € par jour travaillé | Quotidienne |
Les avantages sociaux qui valorisent la qualité de vie professionnelle
Au-delà de la rémunération directe, France Travail propose un ensemble d’avantages sociaux particulièrement attractifs. Le premier concerne le temps de travail et les congés. Aux 25 jours de congés payés légaux s’ajoutent 15 jours de RTT annuels, ce qui porte le total à 40 jours de repos. À partir de 20 ans d’ancienneté, 4 jours supplémentaires viennent encore améliorer ce dispositif. Si le salarié conserve plus de 5 jours de congés au 30 septembre, il bénéficie de 2 jours additionnels.
Le compte épargne-temps permet d’abonder jusqu’à 10 jours par an pour constituer une réserve utilisable ultérieurement : congé sabbatique, passage à temps partiel en fin de carrière, anticipation du départ en retraite. Cette souplesse facilite la gestion des projets personnels sur le long terme. L’équilibre vie professionnelle-vie privée constitue une préoccupation réelle de l’employeur, malgré un temps de travail hebdomadaire fixé à 37,5 heures.
L’aménagement des horaires offre une certaine flexibilité, permettant d’adapter son emploi du temps aux contraintes familiales. La possibilité de télétravail certains jours constitue un avantage appréciable, particulièrement pour les conseillers habitant loin de leur lieu d’affectation. Cette organisation moderne du travail répond aux attentes des nouvelles générations tout en maintenant la qualité du service rendu.
Les avantages en nature complètent ce tableau attractif : tickets restaurant de 9 euros par jour travaillé, place de stationnement privée pour faciliter les déplacements, retraite complémentaire et prévoyance santé avec participation employeur. La mutuelle d’entreprise offre des garanties solides pour couvrir les frais de santé du conseiller et de sa famille. Les chèques vacances et les prestations du comité d’entreprise améliorent encore le pouvoir d’achat et la qualité de vie.
Ces conditions d’emploi positionnent France Travail comme un employeur attractif, offrant une stabilité professionnelle et des perspectives d’évolution intéressantes. La transformation des métiers de l’accompagnement s’inscrit dans une dynamique où la dimension humaine reste centrale malgré la digitalisation croissante des services.
Les défis contemporains du métier face aux mutations du travail
Le contexte professionnel de 2026 confronte les conseillers France Travail à des défis inédits. La transformation numérique redéfinit les contours de nombreux métiers, tandis que l’intelligence artificielle modifie les besoins des entreprises. Le conseiller doit constamment actualiser sa connaissance des évolutions sectorielles pour orienter efficacement les demandeurs d’emploi. Cette veille permanente nécessite curiosité intellectuelle et capacité d’apprentissage continu.
La montée des parcours professionnels non linéaires complexifie l’accompagnement. Les carrières monolithiques cèdent la place à des trajectoires combinant salariat, entrepreneuriat, freelancing et périodes de formation. Le conseiller doit intégrer cette réalité pour proposer des solutions adaptées aux aspirations individuelles. La notion même de retour à l’emploi évolue vers une logique de sécurisation des parcours professionnels plus que de placement immédiat.
Les tensions de recrutement dans certains secteurs coexistent paradoxalement avec un chômage persistant dans d’autres segments. Cette inadéquation entre offre et demande de travail place le conseiller en position de médiateur pour favoriser les reconversions sectorielles. Il doit convaincre les demandeurs d’emploi d’envisager des métiers qu’ils ne connaissent pas forcément, tout en accompagnant les montées en compétences nécessaires. Cette mission de sensibilisation aux métiers en tension s’intensifie.
La digitalisation des services France Travail transforme également les modalités d’exercice du métier. Les plateformes numériques permettent aux usagers d’effectuer de nombreuses démarches en autonomie, ce qui libère théoriquement du temps pour un suivi individuel approfondi des situations complexes. Néanmoins, cette évolution crée aussi une fracture numérique pénalisant les publics les moins connectés, qui nécessitent un accompagnement renforcé pour accéder aux services dématérialisés.
La question de la santé mentale au travail occupe une place croissante dans les préoccupations. Les conseillers accompagnent des personnes dont la perte d’emploi a généré anxiété, perte de confiance ou dépression. Cette dimension psychologique du métier nécessite des compétences en entretien motivationnel et en détection des signaux de fragilité. Le conseiller doit savoir orienter vers les professionnels de santé appropriés lorsque la situation dépasse son champ de compétence.
Les évolutions législatives régulières en matière de formation professionnelle, d’assurance chômage et d’aides à l’emploi imposent une actualisation constante des connaissances. Le Compte Personnel de Formation, la réforme de l’apprentissage, les nouveaux dispositifs d’accompagnement : le conseiller doit maîtriser ces évolutions pour informer correctement les usagers. Cette complexité administrative représente un défi quotidien qui nécessite rigueur et capacité de synthèse.
L’impact du bilan de compétences et des outils d’orientation professionnelle
Parmi les leviers d’accompagnement, le bilan de compétences occupe une place stratégique dans l’arsenal du conseiller France Travail. Cet outil permet aux demandeurs d’emploi de faire le point sur leurs aptitudes, leurs motivations et leurs aspirations professionnelles. Le conseiller oriente vers ce dispositif les personnes en questionnement sur leur avenir professionnel ou envisageant une reconversion significative. Le bilan constitue une pause réflexive structurante avant d’engager de nouvelles démarches.
Le conseiller peut également mobiliser des tests d’orientation et des évaluations de compétences pour objectiver les capacités et identifier les pistes d’évolution pertinentes. Ces outils standardisés complètent l’entretien personnalisé en apportant un éclairage complémentaire. Ils permettent parfois de révéler des aptitudes insoupçonnées ou de confirmer des intuitions. L’interprétation des résultats nécessite néanmoins finesse et contextualisation pour éviter l’enfermement dans des catégories rigides.
L’entretien personnalisé reste le cœur de la relation d’accompagnement. C’est dans cet espace d’échange que se construit progressivement le projet professionnel, que se lèvent les freins et que s’élabore la stratégie de recherche. Le conseiller utilise des techniques d’entretien semi-directif pour explorer l’histoire professionnelle, identifier les compétences transférables et faire émerger les motivations profondes. Cette maïeutique professionnelle demande patience et savoir-faire relationnel.
La préparation aux entretiens d’embauche représente une mission récurrente du conseiller. Il simule des situations d’entretien, aide à structurer le discours, travaille sur la posture et la gestion du stress. Ces mises en situation permettent au demandeur d’emploi de gagner en aisance et en confiance. Le conseiller apporte également un regard extérieur sur la cohérence du parcours présenté et la pertinence des arguments avancés. Cette préparation augmente significativement les chances de succès.
L’orientation vers les dispositifs de formation constitue un autre axe majeur de l’accompagnement. Le conseiller évalue la nécessité d’une montée en compétences pour accéder aux emplois visés. Il informe sur les formations éligibles au CPF, les dispositifs régionaux et les formations conventionnées par France Travail. Cette orientation formation s’inscrit dans une logique d’employabilité à moyen terme, acceptant parfois de différer le retour immédiat à l’emploi pour sécuriser l’insertion future.
La dimension collective de l’accompagnement se développe également à travers des ateliers thématiques : techniques de recherche d’emploi, rédaction de CV, utilisation des réseaux sociaux professionnels, développement du réseau. Ces formats collectifs favorisent les échanges entre pairs et rompent l’isolement. Ils permettent au conseiller de toucher plus de personnes tout en maintenant une qualité d’intervention. Certains participants y trouvent un soutien mutuel particulièrement précieux dans les moments de découragement.
Les passerelles avec d’autres professionnels enrichissent l’accompagnement : psychologues du travail, ergothérapeutes pour les travailleurs handicapés, conseillers en mobilité, structures d’accompagnement à la création d’entreprise. Le conseiller France Travail agit comme un chef d’orchestre qui coordonne les interventions pour apporter une réponse globale. Cette approche partenariale reconnaît que l’insertion professionnelle dépasse souvent la seule dimension emploi. Des formations spécialisées comme devenir sophrologue peuvent représenter des pistes de reconversion intéressantes pour certains profils.
L’utilisation croissante des outils numériques transforme les modalités d’accompagnement. Les plateformes en ligne proposent des ressources pédagogiques, des modules de formation à distance et des communautés d’entraide. Le conseiller doit maîtriser ces environnements pour guider les usagers dans leur utilisation. Cette médiation numérique devient une compétence à part entière, particulièrement pour accompagner les publics éloignés du digital. Des plateformes comme les environnements numériques de travail illustrent cette évolution technologique.
La mesure de l’efficacité de l’accompagnement pose question. Au-delà du taux de retour à l’emploi, comment évaluer la qualité de l’insertion, la satisfaction des bénéficiaires, la durabilité des solutions trouvées ? Le conseiller doit jongler entre objectifs quantitatifs imposés par sa hiérarchie et aspiration à un accompagnement qualitatif prenant le temps nécessaire. Cette tension structure le quotidien professionnel et nécessite des arbitrages permanents.
L’évolution vers une logique de parcours sécurisés plutôt que de placement immédiat modifie progressivement la philosophie de l’accompagnement. Il ne s’agit plus seulement de pourvoir rapidement des postes vacants, mais de construire des trajectoires professionnelles durables et épanouissantes. Cette ambition suppose d’accepter des temporalités plus longues et d’investir dans des solutions structurantes : formation qualifiante, acquisition de compétences transversales, développement du réseau professionnel. Le conseiller devient ainsi un acteur de la sécurisation des parcours professionnels dans un marché du travail instable.
Les établissements comme EMD Business School ou des dispositifs tels que Convergence Grenoble représentent des partenaires précieux pour la montée en compétences. De même, la maîtrise d’outils de gestion de projet peut constituer un atout dans de nombreux parcours de reconversion. L’accès à des ressources comme les espaces numériques facilite également l’autonomie dans les démarches.
Quelle différence entre Pôle emploi et France Travail ?
France Travail est la nouvelle dénomination de Pôle emploi depuis le 1er janvier 2024. Ce changement de nom s’accompagne d’une extension des missions et d’un renforcement des dispositifs d’accompagnement vers l’emploi. Les conseillers disposent désormais de moyens élargis pour proposer un suivi personnalisé adapté aux besoins de chaque demandeur d’emploi, avec une meilleure coordination entre les différents acteurs de l’insertion professionnelle.
Comment se déroule le premier rendez-vous avec un conseiller France Travail ?
Le premier entretien permet d’établir un diagnostic complet de votre situation professionnelle et personnelle. Le conseiller analyse votre parcours, vos compétences, vos contraintes et vos aspirations pour élaborer ensemble un Projet Personnalisé d’Accès à l’Emploi. Il définit la modalité d’accompagnement la plus adaptée à votre profil et planifie les actions concrètes à mener. Cet entretien dure généralement entre 45 minutes et une heure et constitue la base de la relation d’accompagnement.
Peut-on changer de conseiller France Travail si le courant ne passe pas ?
Oui, il est possible de demander un changement de conseiller si la relation n’est pas satisfaisante. L’accompagnement repose sur la confiance mutuelle et la qualité de la communication. Si vous estimez que le courant ne passe pas ou que l’approche ne vous convient pas, vous pouvez en parler au directeur d’agence qui étudiera votre demande. Un bon binôme conseiller-demandeur d’emploi favorise significativement l’efficacité de l’accompagnement vers le retour à l’emploi.
Le conseiller France Travail peut-il m’obliger à accepter un emploi ?
Le conseiller ne peut pas vous obliger à accepter une offre d’emploi, mais vous avez l’obligation de rechercher activement un emploi et d’examiner sérieusement les propositions correspondant à votre Projet Personnalisé d’Accès à l’Emploi. Un refus d’offre raisonnable sans motif légitime peut entraîner des sanctions sur vos allocations. Le conseiller évalue avec vous la pertinence des offres selon vos compétences, votre projet professionnel et vos contraintes personnelles pour proposer uniquement des opportunités cohérentes.
Combien de temps dure l’accompagnement par un conseiller France Travail ?
La durée de l’accompagnement varie selon votre situation et vos besoins. Elle peut aller de quelques semaines pour les profils très autonomes à plusieurs mois voire années pour les personnes nécessitant un accompagnement renforcé. L’accompagnement se poursuit jusqu’à votre retour durable à l’emploi ou votre sortie des listes de demandeurs d’emploi. Le conseiller adapte la fréquence et l’intensité du suivi en fonction de l’évolution de votre situation et des progrès réalisés dans votre recherche.





